« Matrix » : le bullet time, cet effet spécial devenu trop cliché

Vincent Gautier - LePoint - 17/12
Popularisé par le film des Wachowski, cet effet visuel a été victime de son succès au début des années 2000, jusqu’à perdre une bonne partie de sa saveur.

Même si vous n’avez pas encore entamé votre marathon de visionnages en vue de la sortie de Matrix Resurrections la semaine prochaine, il est probable qu’un plan du premier film vienne à votre esprit à la simple évocation de la trilogie. Sur le toit d’un immeuble où est détenu Morpheus dans la Matrice, Neo est à court de munitions face à un agent pointant son arme sur lui. Les derniers instants du héros des Wachowski attendront. Prenant conscience à ce moment précis de ses capacités outrepassant les règles de cet univers virtuel, Neo évite les projectiles en se tordant en arrière à une vitesse supersonique. Pour mieux figurer la rapidité de son exécution, le mouvement est filmé au ralenti et dure plusieurs secondes.

Comment une caméra a-t-elle pu tournoyer aussi vite ? Le secret est simple : il n’y a pas une seule caméra ! En réalité, 120 appareils photo disposés tout autour de Keanu Reeves ont pris successivement un cliché de la scène. Pour apporter encore plus de fluidité aux gestes de l’acteur, il a ensuite fallu un travail de fourmi en postproduction après le tournage sur fond vert.

En 1999, quand il découvre Matrix à 15 ans sur les Champs-Élysées, Alexis Wajsbrot est soufflé par le procédé baptisé « bullet time » (littéralement « le temps de la balle ») et par l’ensemble des effets spéciaux du film. Installé à Londres, le Français supervise désormais les effets visuels de blockbusters, comme Gravity ou des films Marvel (Thor : Ragnarok, Spider-Man : Far from Home). « Jurassic Park est le premier film qui m’a donné envie de faire ce métier, mais Matrix a été une énorme claque, se souvient Alexis Wajsbrot. J’ai dû le voir des dizaines et des dizaines de fois. Cela n’a fait qu...
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