Une fois par mois, Le Devoir lance à des passionnés d’histoire le défi de décrypter un thème d’actualité à partir d’une comparaison avec un événement ou un personnage historique.
Que signifie « classique » aujourd’hui ? Aux États-Unis, la publication le 20 janvier dernier d’un décret promouvant une « belle architecture civique fédérale » statue la nécessité de « respecter le patrimoine architectural régional, traditionnel et classique », suivant un précédent ordre exécutif entériné en décembre 2020.
Il semble que, depuis son accession au pouvoir, le gouvernement de Donald Trump s’empare, à tout vent, de cet adjectif. En effet, loin de se restreindre au domaine architectural, ce dernier concerne également le domaine de la musique, comme en témoigne la mainmise du gouvernement américain sur le John F. Kennedy Center for the Performing Arts, où le vice-président, J.D. Vance, a généreusement été hué avant que le National Symphony Orchestra n’entame la première mesure de l’Opus 129 de Chostakovitch le 13 mars.
Il concerne aussi la littérature, où les conséquences de la censure américaine contribuent à redéfinir la notion de « classique » en rayant des inventaires des bibliothèques et des établissements scolaires publics des monuments de la littérature américaine, comme To Kill a Mockingbird de Harper Lee, The Bluest Eye de Toni Morrison ou Of Mice and Men de John Steinbeck. Certaines librairies vont jusqu’à faire de la menace de censure de ces classiques un argument de vente, en incitant les acheteurs à lir...
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