Bruno Gollnisch : « Il y a au Rassemblement national une perte de tonus »

Florent Barraco, Emmanuel Durget - LePoint - 11/12
ENTRETIEN. L’ancien vice-président du Front national revient sur le duel Le Pen-Zemmour, la désignation de Valérie Pécresse, et défend (un peu) Emmanuel Macron.

Avec la désignation de Valérie Pécresse, le casting est presque complet. La présidentielle est véritablement lancée et la précampagne a déjà livré ses surprises : un président de la République solidement installé sur son socle, un bloc de gauche à l’agonie, la droite républicaine en embuscade et un duel fratricide à la droite de la droite entre Marine Le Pen et Éric Zemmour. Le polémiste et désormais candidat a grignoté une partie des voix de la présidente du Rassemblement national. De quoi compromettre la qualification au second tour de Marine Le Pen ? S’il estime que son ancienne rivale a bien tenu le choc et revient sur ses fondamentaux, Bruno Gollnisch, ancien vice-président du Front national et ex-député européen, craint « la division du camp patriote ». Plus surprenant, il défend Emmanuel Macron et trouve « certaines attaques » contre lui « injustes ». Entretien.

Le Point : On dit qu’une élection se gagne au centre. Est-ce que, cette fois-ci, elle va se jouer à droite, voire très à droite ?

Bruno Gollnisch : Cela fait un bon bout de temps que l’élection présidentielle ne se joue plus au centre. Et, en réalité, elle s’est toujours jouée à droite ou à gauche. L’électorat gaulliste était majoritairement à droite. Pareil pour Georges Pompidou ou Valéry Giscard d’Estaing qui, en 1974, a bénéficié de l’électorat de l’UDR… En 1986, aux législatives, le programme du RPR et de l’UDF – on dirait aujourd’hui LR – était un pâle et tardif décalque du programme du Front national, incluant, par exemple, la réforme du code de la nationalité ! Ils n’en ont rien fait, bien sûr. Nicolas Sarkozy, grâce aux conseils de Patrick Buisson, avait siphonné une partie des voix du FN. Dans cette mouvance-là, ils gagnaient toujours à droite… et ne faisaient ensuite d’ouverture qu’à gauche !

Si on en croit les sondages, le bloc d’extrême droite est à plus de 30 % quand...
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