À 77 ans, Julien Clerc revient avec un 28e album, Une vie, réalisé par Benjamin Biolay. Fidèle à lui-même, le chanteur revisite les grandes émotions humaines : l'amour, le deuil, la mémoire – sans jamais sombrer dans le pathos. Entouré d'une « dream team » de paroliers (Serge Lama, Carla Bruni, Gaëtan Roussel, Paul École, Didier Barbelivien, David McNeil), il évoque ce retour en chansons, son rapport au métier, et cette manière qu'il a toujours eue de faire de l'intime une affaire universelle.
Le Point : Pourquoi avoir choisi ce titre d'album, Une vie ? Quelle émotion souhaitez-vous transmettre ?
Julien Clerc : Je voulais que la tournée et l'album portent le même nom. Au départ, j'ai choisi ce titre pour la tournée. Puis, en observant les thèmes abordés par les auteurs des chansons – puisque je me concentre exclusivement sur la musique –, j'ai réalisé qu'ils formaient un ensemble cohérent : le manque lié à la disparition des proches, la maladie, comme Alzheimer, l'amour dans toutes ses dimensions, qu'il soit conjugal ou parental… Ce sont autant de sujets universels qui traversent une vie, pas uniquement la mienne. Ce titre s'est naturellement imposé comme une évidence.
Vous vous êtes attaché les services de grands paroliers comme Serge Lama, Carla Bruni ou Paul École… Leur avez-vous donné carte blanche ou une direction ?
Je ne donne jamais de directives précises. Il y a bien eu une exception : j'ai demandé une chanson à Paul École avec une consigne simple – pas de chanson d'amour. J'avais déjà des textes de Serge Lama et Carla Bruni sur ce thème, donc je lui ai dit : « Si possible, parle d'autre chose. » Mais ça reste rare. Le plus souvent, je donne une mélodie, ou je passe une commande de texte, et je laisse les auteurs libres de leur inspiration. Il n'y a pas de cahier des charges.
Pourtant, on a le sentiment que l'amour reste le fil rouge de l'album. Comme si c'était votre cogito, votre seule certitude…
Oui, parce qu'au fond la seule chose dont on est vraiment sûr, c'est l'amour. C'est ce qui nous relie, ce qui nous dépasse aussi. C'est finalement l'unique évidence dans la vie : s'aimer.
C'est d'ailleurs ce qu'on retrouve dans toute votre discographie : l'amour, les sentiments, les ruptures…
C'est vrai, mais je n'ai jamais imposé ces thèmes aux auteurs. Ils écrivent ce qu'ils ont envie de me faire chanter. Mes chansons « de commande » doivent se compter sur les doigts d'une main. Le reste du temps, je découvre leurs textes et, si ça me touche, si ça me parle, alors je le chante avec plaisir. Je crois qu...
[Courte citation de 8% de l'article original]