Tous les jours, le point à chaud en direct du 78e festival de Cannes.
Le film du jour : Eleanor The Great de Scarlett Johansson
Après Kristen Stewart, la section Un Certain Regard accueillait hier les débuts de réalisatrice d’une autre star hollywoodienne, Scarlett Johansson. Qui, comme sa camarade, a choisi de ne pas apparaître à l’écran. Son héroïne, la Eleanor du titre, est une nonagénaire au caractère bien trempé, dont elle raconte d’abord l’amitié indéfectible qui la lie à une autre nonagénaire, Bessie, avec qui elle vit une retraite paisible en Floride. Avant que la mort de celle-ci ne la conduise à partir s’installer chez sa fille à New York où elle va se lier d’amitié avec une étudiante en journalisme, peinant elle à se remettre de la mort de sa mère. Eleanor va peu à peu confier qu’elle est rescapée de la Shoah. Un mensonge de A à Z à travers lequel elle se réapproprie la vie de son amie disparue sans en mesurer les conséquences.
Inspiré à son autrice Tory Kamen par la vie de sa propre grand-mère, Eleanor The Great s’appuie sur un scénario ambitieux mêlant les thématiques (deuil amical impossible à faire, relation mère- fille complexe, passage de relais entre générations, usurpation d’identité sur fond mémoire de la Shoah rappelant le formidable Marco, l’énigme d’une vie actuellement en salles) et donc les registres avec virtuosité. Scarlett Johansson, très à l’aise dans tous les moments de comédie, a un peu tendance à surligner (notamment par une musique trop présente) les moments poignants. Mais sans jamais verser dans le sirupeux, aidée en cela par la belle lumière de la française Hélène Louvart et le grand numéro d’actrice de June Squibb (nommée à l’Oscar du second rôle 2013 pour Nebraska, passé par la case cannoise), irrésistible en grand-mère indigne et revêche qui va peu à peu fendre l’armure.
Moins saisissant que The Chronolog...
[Courte citation de 8% de l'article original]