Cardinal Bustillo : "Le futur pape devra être capable d’apaiser les esprits dans le monde"

Propos recueillis par Manuel CludelPublié le 27/04/2025 à 18:30 - L'Express - 27/04
L’évêque d’Ajaccio, qui était proche du pape François, confie à l’Express sa vision du rôle géopolitique que devra avoir le prochain souverain pontife.

L’évêque d’Ajaccio, Mgr François-Xavier Bustillo se confie à L’Express avant le début du conclave (à partir de début mai), où il sera l’un des 135 cardinaux à désigner le nouveau souverain pontife. Figure montante de l’Eglise, ce proche du pape François a accueilli son dernier déplacement à l’étranger en Corse, en décembre 2024.

Vous êtes présent à Rome, où est célébrée actuellement la mémoire du pape François, que ressentez-vous ?

C’est un double sentiment opposé, une douloureuse joie, il y a la peine de perdre le pape François, qui était un guide, un père, quelqu’un qui m’a fait confiance aussi, d’un point de vue personnel, en m’appelant à l’épiscopat, on me créant cardinal, en venant en Corse. Le pape François est celui qui a bouleversé ma vie. Il y a aussi de la reconnaissance, parce qu’il a beaucoup donné, jusqu’à son dernier souffle. Alors qu’il était fatigué, il avait du mal à respirer, il était au milieu de son peuple. Il a été un modèle de liberté et de courage. Il nous laisse un magnifique patrimoine spirituel et humain.

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Avez-vous été surpris par l’ampleur de l’émotion à travers le monde depuis sa disparition ? Que dit-elle ?

Je ne suis pas très surpris, mais la quantité de personnes qui seront passées devant le corps du pape, qui auront prié, c’est impressionnant. Le deuxième aspect qui me frappe, c’est le nombre de chefs d’Etat présents à ses obsèques, chrétiens ou pas. Peut-être est-ce finalement l’aspect positif de la mission du pape, c’est d’avoir des paroles ayant autorité spirituelle et morale dans un monde où il y a beaucoup de violences, de fractures, où la géopolitique internationale peut inquiéter. Le pape n’a pas beaucoup de pouvoirs tactiques, militaires, mais cette force de l’unité qu’il a suscitée est un facteur symbolique important pour la société.

Sa venue sur vos terres en Corse, le 15 décembre dernier, a été son dernier déplacement à l’étranger. Quelle image en garderez-vous ?

Je me souviens d’un moment drôle, lors de sa rencontre avec la doyenne de Corse, il lui a offert un chapelet et après, dans la papamobile, il m’a dit : "c’est formidable, tu as vu cette dame, il faut lui demander ce qu’elle mange, pour tenir 108 ans !". Ce jour-là, j’ai vu un homme s...
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