Ancien président du Conseil constitutionnel, Pierre Mazeaud est aujourd'hui le doyen des gaullistes. Il est aussi un témoin et un analyste pointilleux de l'évolution du régime politique de la Ve République, dont il fut une figure de premier plan, surtout à l'Assemblée nationale. Son recul et son indépendance donnent de la profondeur au travail du Parlement qui, effacé actuellement, révèle évidemment au pays le besoin de sa propre existence comme il peut susciter une certaine nostalgie.
Interrogé récemment par plusieurs médias, Pierre Mazeaud nous dit, avec son caractère bien trempé, son expérience et passion, un peu de nous-mêmes et beaucoup de notre époque et de la crise que vit notre pays. Il y a une décennie sortait une biographie écrite par Olivier Guillaumont, magnifiquement éditée par les Éditions Guérin et intitulée Pierre Mazeaud, l'insoumis. Insoumis? Sans doute plus que bien d'autres...
Pierre Mazeaud appartient à deux mondes grandement étrangers l'un à l'autre: le monde de la politique et celui de l'alpinisme. Issu d'une lignée d'aristocrates de l'université et de la magistrature, Mazeaud est à l'opposé de l'esprit bourgeois qui prospère aujourd'hui comme jamais. Il est un personnage politique important de la Ve République et l'un des rares –de droite de surcroît!– à avoir appartenu et s'être épanoui au sein d'un des rares derniers milieux transclassistes: celui de l'alpinisme, qui mêlait des garçons de toutes conditions, choisissant d'attaquer les voies et faces encore vierges des Alpes, au prix parfois de leur vie ou du deuil.
Comprend-on Pierre Mazeaud et son énergie conquérante sans percer les mystères du jeune alpiniste familier des Alpes et finalement vainqueur, à 50 ans, avec Jean Af...
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