Les années 1920 marquèrent l’âge d’or des grandes découvertes archéologiques. Débuté en 1922 avec la découverte du tombeau du roi égyptien Toutânkhamon par Howard Carter, cet âge d’or prit fin avec une autre trouvaille époustouflante : celle de tombes royales mésopotamiennes vieilles de plus de 4 000 ans mises au jour par Leonard Woolley dans la cité antique d’Ur, à 225 km au sud-est de Babylone, dans l’actuel Irak. Ces tombes étaient l’œuvre de la culture antique de Sumer, qui avait prospéré à l’aube de la civilisation.
Leonard Woolley enlève délicatement la terre qui recouvre une figurine votive mise au jour lors de fouilles menées à Ur.
La découverte des tombes fit les gros titres des journaux de l'époque en raison de la quantité des objets mis au jour et du savoir-faire dont ils témoignent, mais aussi parce qu’ils mettaient en lumière l’atrocité des pratiques funéraires sumériennes. Outre les bijoux raffinés et les instruments de musique, de nombreux corps furent découverts, ceux de serviteurs et de soldats enterrés avec leurs souverains défunts.
Depuis la fin du 19e siècle, la fascination des universitaires et du public pour la culture antique de la Mésopotamie n’a eu de cesse de grandir. En décembre 1872, l’assyriologue George Smith présente un document lors d’une réunion bondée de la Société d’archéologie biblique, à laquelle assistait le Premier ministre britannique, William Gladstone. Le contenu de sa présentation fit sensation dans le monde entier.
George Smith avait déchiffré une série de tablettes d’argile issues de la Bibliothèque d’Assurbanipal de Ninive. Ce texte, aujourd’hui connu sous le nom de L’Épopée de Gilgamesh, est considéré comme la plus ancienne œuvre littéraire au monde. Dans cette saga, l’assyriologue était tombé sur le récit d’une inondation étonnamment similaire à celle racontée dans le Livre de la Genèse de l’Ancien Testament.
L’Épopée de Gilgamesh aurait été écrite vers 2100 av. J.-C., soit avant la Bible hébraïque. Les journaux se dépêchèrent d’écrire au sujet du travail de Smith, suscitant l’intérêt du public dans l’époque mésopotamienne. En France, en Grande-Bretagne, en Allemagne et aux États-Unis, des musées et universités organisèrent des expéditions archéologiques à la recherche des vestiges des civilisations de Sumer, d’Assyrie et de Babylone, régions où naquirent les premières cités de l’histoire. Parmi les sites choisis po...
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