Saphirs éthiques 

LePoint - 25/03
Fille et petite-fille de négociant lapidaire, Lou-Anna Piat développe en Europe le projet Moyo Gems qui vise à offrir aux femmes qui extraient les pierres précieuses en Tanzanie une juste rémunération pour leur travail. Repossi soutient l’initiative.

Jouxtant les maisons qui font la renommée de la Place Vendôme, un atelier singulier se dresse au cœur de la rue de la Paix dans un vaste appartement haussmannien. Aucun bijou n'y est fabriqué. Sa spécificité est ailleurs : elle repose sur la taille des gemmes. Des pierres de couleurs plus précisément. De qualité remarquable voire exceptionnelle. Non par choix mais par nécessité : pour les pierres dites calibrées, tout se fait désormais en Thailande. « Nous sommes négociants-lapidaires » précise Lou-Anna Piat. « C'est à dire que nous achetons des pierres brutes – rubis, saphirs, spinelles, grenats etc.- que nous taillons ici avant de les vendre aux joailliers. Je représente la quatrième génération de l'entreprise familiale, la maison Piat, qui a ses racines dans le Jura. » Dans ce département proche de la Suisse, les lapidaires, longtemps associés aux horlogers, exercent leur profession au cœur des montagnes depuis le XVIIe siècle. Un savoir-faire ancestral. « Mon arrière-grand-père, René Grospiron est venu s'installer à Paris dans les années 20. Daniel Piat, mon grand-père, un aventurier, parcourait le monde à la recherche de pierres précieuses. Je lui demande souvent de me raconter ses voyages, qui étaient de véritables expéditions. »

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