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Deepfakes : "Nous sommes encore dans l’adolescence de notre rapport au numérique"
Sciences Et Avenir -
24/03
Plus connu pour ses travaux dans le monde artistique et créative, en musique et en audiovisuel, l'Ircam est impliqué dans deux projets académiques de lutte contre les deepfakes, initiés par l'Agence de l'Innovation de Défense.
C’était en 2015. Dans la série documentaire Juger Pétain de Philippe Saada, on pouvait entendre une reconstitution de la voix du maréchal. La même année, celle de Louis de Funès était donnée à un personnage du film de Jamel Debbouze Pourquoi j’ai pas mangé mon père. Il ne s’agissait pas d’archives existantes mais de modèles vocaux numériques permettant de faire prononcer à une voix de synthèse n’importe quel texte.
Derrière cette technologie, l’Institut de recherche en coordination acoustique/musique à Paris (Ircam). Chercheur au laboratoire Sciences et Technologies de la Musique et du Son, unité mixte de l’Ircam, du CNRS et de Sorbonne Université, Nicolas Obin a travaillé sur ces projets. Cette expertise le mène aujourd’hui sur un terrain plus sensible : la détection des deepfakes, ces contenus audio et vidéo générés par intelligence artificielle (IA) dans un but de manipulation. Entretien.
Sciences et Avenir : Comment l’Ircam se retrouve-t-il à travailler sur les deepfakes ?
Nicolas Obin : Cela ne coule pas de source car l’Ircam a plutôt vocation à travailler sur des thématiques artistiques et créatives. Mais il s’avère que les avancées scientifiques et technologiques su... [Courte citation de 8% de l'article original]
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