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Hommage à Foreman : La boucherie de Kingston, quand Big George a mis Frazier et le monde à ses pieds
Eurosport -
22/03
George Foreman était le dernier survivant du trio de géants qui a porté dans les années 70 la boxe dans une autre galaxie.
L’un des plus grands boxeurs de tous les temps s’en est allé. George Foreman est décédé vendredi à l’âge de 76 ans. Son combat légendaire contre Mohamed Ali en 1974 restera éternellement dans les mémoires. Celui que Big George avait livré un an plus tôt contre Joe Frazier a aussi marqué l’histoire. Voici notre article, édité en 2019, sur la fameuse Boucherie de Kingston.
Mohamed Ali. Joe Frazier. George Foreman. Trois noms pour une ère unique, celle des années 70 chez les poids lourds. Un trio pour un règne quasiment sans partage pendant une décennie. Mais aussi grand fut-il, Foreman est le maillon faible du triumvirat. Un grand derrière deux géants.
Ali-Frazier peut légitimement être considéré comme la plus grande rivalité du XXe siècle, tous sports confondus. Foreman s'est frotté à eux, s'est immiscé entre eux, mais, au fond, il reste à jamais le troisième homme. The Greatest. Smoking Joe. Big George. Dans cet ordre. A l'époque comme aujourd'hui, face à l'Histoire. Le temps d'un soir, Foreman a pourtant été le maître du monde. Il ne lui a fallu que 265 secondes pour ça.
Boxe
Légende de la boxe, George Foreman est mort
il y a 6 heures
Quand il monte sur le ring du National Stadium de Kingston ce 22 janvier 1973, Foreman n'est pas encore quelqu'un dans la galaxie des lourds. Joe Frazier, lui, est au sommet. Champion du monde depuis 1970, il a assis son autorité en battant Mohamed Ali au Madison Square Garden en mars 1971. Tout le monde salive déjà à l'idée de la revanche.
Dans les traces de Frazier
Frazier, Foreman. Il y a tout ce qui les sépare : les ceintures, la gloire, le caractère. Tout ce qui les réunit, aussi. Deux hommes du Sud. Une enfance difficile. Dans le ghetto de Houston pour George, dans la pauvreté de Beaufort, en Caroline du Sud, pour Joe, douzième enfant de ses parents. Puis le destin de l'un semble s'échiner à suivre les traces de l'autre. Champion olympique des lourds à Tokyo en 1964, Frazier, qui avait lui-même succédé à Ali, passe le relais à Foreman, à son tour sur le toit de l'Olympe à Mexico.
George Foreman aux JO de Mexico en 1968
Crédit: Getty Images
Che les pros, leurs carrières se croisent une première fois le 23 juin 1969. George Foreman, vingt ans, dispute son premier combat. Un trois rounds contre l'obscur Don Waldheim. Ce soir-là, Frazier, qui lorgne déjà la couronne mondiale, est la tête d'affiche. Quelques mois plus tard, lorsque Smoking Joe devient champion du monde en détruisant Jimmy Ellis le 16 février 1970, Foreman est également au programme de la réunion du Garden. C'est son 16e combat. Sa 16e victoire. La réputation de Big George s'épaissit doucement. Mais au fond, tout le monde s'en fout.
Ali et Frazier phagocytent toute l'attention. Ils sont des stars, immenses, et leur haine réciproque excite public et médias. Le retour de l'un, après sa suspension, la soif de l'autre, champion mais pas maître du monde tant qu'il n'aura pas battu Ali, tout tourne autour de ce tandem si antinomique mais tellement complémentaire. Difficile de se faire une place. Puis l'homme n'invite pas à la passion. Foreman est trop politiquement correct pour ça. En 1968, à Mexico, en pleine contestation afro-américaine symbolisé par les points gantés de cuir noir de Smith et Carlos, lui a brandi un drapeau américain sur le ring après son sacre.
Le Clubber Lang de Smoking Joe
Il est l'anti-Ali, héros contestataire de toute une génération et de toute une communauté. Cela lui a valu un certain respect d'une autre partie de la population et lui a évité d'en prendre plein la face. Mais, médiatiquement, George est une figure neutre. Il n'y a rien de pire si l'on veut être bankable. Puis Foreman est aussi mutique qu'Ali et Frazier sont volubiles. C'est l'anti grande gueule. Taiseux, le visage fermé. Une image de brute muette à la Sonny Liston. Pas de celles qui vendent.
Le Texan a quand même une chose pour lui : ses poings. Un peu à son image, sa boxe n'a rien de flamboyante. Son style, simple, simpliste disent ses détracteurs, repose sur sa force brute. Mais sa puissance est inédite. Il y a quelque chose de dévastateur dans son jab et ses crochets. Ce colosse, c'est un tronc d'arbre : pas expressif pour deux sous, mais prêt à fracasser tous ceux qui s'attaqueraient à lui. Son exceptionnelle allonge fait le reste.
Fin 1971, deux ans et demi seulement après ses débuts professionnels, Geo... [Courte citation de 8% de l'article original]
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