Le chant du bruant chingolo (Zonotrichia capensis) mâle, ou chincol, est l’un des sons les plus distinctifs d’Amérique du Sud. En quelques secondes, ce petit oiseau brun clair, ou grisâtre avec des taches noires lorsqu’il est juvénile, émet sa mélodie, composée de deux à quatre notes introductives et d’un trille final. Chaque famille de bruant chingolo dispose de sa propre vocalisation, que ses membres chantent tout au long de leur vie.
Ce comportement est le fruit d’une transmission intergénérationnelle entre les mâles jeunes et adultes. Cependant, que se passe-t-il lorsque ce cycle d’apprentissage est interrompu, lorsque la perte d’habitat, le déclin de la population ou la disparition des tuteurs adultes vient empêcher cette transmission ?
Entre 2020 et 2023, des chercheurs de la faculté des sciences exactes et naturelles de l’Université de Buenos Aires (UBA) se sont attelés à une tâche audacieuse : réintroduire dans une population de bruants chingolo un chant qui avait disparu de la nature et qui n’était plus connu que grâce à une notation musicale réalisée dans les années 1960. Au travers d’une approche innovante combinant différentes technologies de pointe, les scientifiques ont mis au point un « robot tuteur », un dispositif capable d’...
[Courte citation de 8% de l'article original]