Cet article est extrait du mensuel Sciences et Avenir n°937, daté mars 2025.
C'est l'alchimie du 21e siècle : là où des savants du Moyen Âge rêvaient de transformer le plomb en or, des physiciens travaillent désormais à transformer les déchets nucléaires en des matériaux moins dangereux. Or, cette "transmutation" des temps modernes est devenue réalité à Mol, en Belgique.
Comme on transforme un atome de plomb en un atome d'or en lui retirant trois protons, les scientifiques du projet de recherche nucléaire Myrrha (Multi-purpose hybrid research reactor for high-tech applications) modifient la structure d'atomes hautement radioactifs grâce à un bombardement de noyaux avec des particules à haute énergie. À leur tête, le physicien Hamid Aït Abderrahim, qui a mis au point le procédé pour fissionner certains noyaux issus des combustibles usés afin de réduire leur radiotoxicité.
Les déchets des centrales nucléaires sont issus du combustible usé retiré des réacteurs actuels au bout de quatre ans et demi d'utilisation. Celui-ci est formé d'uranium 238 (93 %), d'uranium 235 (1 %), de plutonium (1 %) et de "déchets ultimes" (5 %) dont les plus radiotoxiques sont appelés "actinides mineurs". Même s'ils ne constituent que 0,2 %, ils représentent près de 99 % de la radiotoxicité. L'américium, le neptunium ou bien encore le curium possèdent une période active radiotoxique de près de 300.000 ans. "Notre système de transmutation permet de la réduire à seulement 300 ans ! " s'enthousiasme Hamid Aït Abderrahim.
Entamé en 1998, ce projet colossal, estimé alors...
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