Quand la peur est de retour

Élisabeth Nardout-Lafarge - Le Devoir - 08/03
Il faut (re)plonger dans la révolte absolue et la solidarité sans faille qui traversent l’œuvre de Monique Bosco.

Une fois par mois, sous la plume d’écrivains du Québec, Le Devoir de littérature propose de revisiter à la lumière de l’actualité des œuvres du passé ancien et récent de la littérature québécoise. Découvertes ? Relectures ? Regard différent ? Au choix. Une initiative de l’Académie des lettres du Québec en collaboration avec Le Devoir.

Alors que l’antisémitisme refait surface avec virulence, que l’extrême droite et le populisme enregistrent d’inquiétants gains électoraux en Europe et dans les Amériques, que les guerres font rage en Ukraine et au Proche-Orient, l’œuvre de Monique Bosco résonne avec une étrange acuité : à la relire ou à la découvrir, on trouvera bien des questions, bien des hantises qui sont les nôtres aujourd’hui. Dans ses livres, les événements du temps, la et le politique, les conflits, les menaces ne sont jamais envisagées de loin ni de haut, mais toujours à hauteur de femme, une femme qui analyse d’abord ses réactions, ses points aveugles (on dirait aujourd’hui ses « biais ») quand, tout à coup, ils lui apparaissent, quand elle en prend conscience.

Ce 8 mars, parmi toutes les féministes qui nous inspirent en littérature, faisons donc une place particulière à Monique Bosco (1927-2007), romancière, poète, dramaturge, essayiste, dont l’œuvre compte une trentaine de livres, pour la plupart publiés aux éditions Hurtubise HMH, son éd...
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