À l'adolescence, la grossophobie fait des dégâts

Arnaud Alessandrin - Slate FR - 24/11
Si les discriminations liées au poids sont dénoncées, les clichés sur l'obésité persistent, culpabilisant les personnes qui en souffrent et poussant au régime des jeunes qui n'en ont pas besoin.

En 2019, le terme de «grossophobie» a fait son entrée dans le dictionnaire français. La définition du Larousse stipule qu'il s'agit là d'une «attitude de stigmatisation, de discrimination envers les personnes obèses ou en surpoids». S'il est vrai que la grossophobie renvoie au phénomène discriminatoire au sens large (incluant les injures, le harcèlement, les brimades, etc.), il est néanmoins important de souligner que la reconnaissance des discriminations vécues par les personnes grosses est assez récente.

Il faudra attendre la fin des années 1980 pour que ce vocabulaire trouve un écho dans le mouvement associatif français notamment. Pour le grand public, c'est le livre de l'actrice Anne Zamberlan qui impose le terme. Paru en 1994 et intitulé Coup de gueule contre la grossophobie, il inaugure sur les plateaux télévisés français une discussion sur les discriminations subies par les personnes grosses. Avec son association Allegro Fortissimo, l'actrice opère une première inversion en France: le problème n'est plus du côté des personnes grosses, mais bel et bien des personnes grossophobes et des modalités de prise en charge sociosanitaire de ces questions. Mais il demeure un paradoxe: selon la Haute autorité de santé (HAS) 46,5% des adultes sont en surpoids et 20% sont obèses.

Ce que...
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