Ces étudiantes sauvées par les confinements

Muriel Kaiser - Slate FR - 24/11
Pour certains élèves, ne plus retourner sur les bancs de la fac a permis de mettre fin à de nombreuses angoisses, voire de sortir de la dépression.

Le confinement lui a «sauvé la vie». Marie-Ange Meyer, 24 ans, pèse ses mots. En mars 2020, elle était en quatrième année de pharmacie à Strasbourg, et moralement à bout. Pourtant, devenir pharmacienne a toujours été une évidence pour elle. Mais, dès le début de la PACES (la première année commune aux études de médecine), elle doit faire face à la pression. «On nous disait “peu importe vos résultats au bac, ici, vous êtes nuls”. Tout était fait pour nous décourager.» Déstabilisée, Marie-Ange travaille d'arrache-pied, se prend «une claque» au moment des classements et commence à douter. «Je me disais que je n'y arriverai jamais. Je me sentais faible, nulle, tout le temps.» Elle refait la PACES, déterminée à aller au bout de ses envies. Et cette fois, elle obtient sa place en pharmacie. «J'en ai pleuré de soulagement», se souvient-elle. Pourtant, face à la surcharge de travail, elle se sent fragilisée. «Les années PACES ont fait des ravages, psychologiquement et physiquement. Depuis, j'ai des migraines et des plaques sur la tête en période de stress.»

Chantal Martinez, psychiatre au CH Montauban et référente du dispositif 15-25 ans, explique que «dès l'enfance, on pousse à la réussite. On ne valorise pas les erreurs et on considère les notes comme plus importantes que les appréciations. En même temps, on n'apprend pas à se calmer, se détendre. Dans notre société, prendre soin de soi n'est pas valorisé.» Conséquence: plongés dans des études exigeantes, «on sent une lourdeur chez certain...
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