Très répandue et encore mal connue, l’endométriose est une maladie inflammatoire liée à l’endomètre (la muqueuse qui recouvre la paroi interne de l’utérus). Associée aux cycles menstruels, cette pathologie se caractérise par la présence de tissus endométriaux en dehors de l’utérus.
"Nous évitons le terme de maladie chronique car, il y a plusieurs formes d’endométriose dont certaines qui régressent spontanément", précise le Dr Benjamin Merlot, Chirurgien gynécologique spécialiste de l'Endométriose et membre du Comité scientifique d’EndoFrance.
Photo : coupe histologique de l'endomètre observée au microscope optique
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En cas de non-fécondation de l’ovule, le sang et les cellules endométriales sont habituellement évacués pendant les règles par le vagin. Chez les femmes atteintes d’endométriose, le positionnement ectopique (emplacement anormal d’un organe) des tissus empêche l'élimination des saignements. Les cellules endométriales irritent alors les organes, provoquant des lésions, des adhérences, des kystes ovariens et des nodules (boules de tissus solides).
Si l’endométriose peut demeurer asymptomatique, elle peut également être responsable de douleurs pelviennes aigües et chroniques, d’altération du fonctionnement des organes et d’infertilité.
Bon à savoir : près d’une femme sur deux présente une forme d’endométriose spécifique : l’adénomyose. En clair, l’endomètre pénètre dans le muscle utérin (appelé myomètre). Elle peut être asymptomatique ou se manifester par des saignements abondants au moment des règles et des dysménorrhées (douleurs liées aux menstruations). Cette forme est assez classique puisque liée au vieillissement de l’organe. À l’inverse de l’endométriose, l’adénomyose peut être tout à fait normale. "Tout dépend de l’âge à laquelle elle apparaît. Avant 40 ans, cela peut être embêtant ", ajoute le spécialiste.
Ce sont généralement les organes à proximité de l’utérus qui sont affectés par cette maladie. Les organes les plus souvent concernés par l’endométriose sont :
Dans de certains cas, l’endométriose peut également affecter le système pulmonaire et, plus exceptionnellement, le cerveau. "Pour ce dernier cas de figure, seulement treize cas sont recensés dans le monde ", précise le médecin.
Il est généralement acquis qu’environ une femme sur 10 en âge de procréer est touchée par cette pathologie. "Mais il s’agit d’une estimation et non d'une véritable donnée scientifique ", indique Dr Benjamin Merlot.
Ces dernières années, le nombre de personnes atteintes d’endométriose a pourtant augmenté. Une recrudescence qui s’explique par l’évolution de nos modes de vie. "L’âge de première grossesse ayant reculé et les gestations étant moins nombreuses qu’auparavant, l’endométriose a plus de temps pour se développer", analyse l’expert.
Les spécialistes ont coutume de dire qu’il n’existe pas qu’une seule forme d’endométriose. Les symptômes diffèrent en fonction des cas et des organes touchés par la propagation du tissu endométrial.
Dans 50 à 91 % des cas, cette pathologie est caractérisée par des dysménorrhées intenses, c’est-à-dire des menstruations douloureuses résistantes aux antalgiques. "Beauco...
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