Je n'avais pas prévu de démarrer la journée en giflant une méduse ; difficile de faire autrement sous l'eau, lorsque ces créatures rose pâle aux faux airs angéliques vous entourent par dizaines. Alors qu'elles ondulent autour de moi dans les eaux paisibles de la mer d'Andaman, ma victime accidentelle s'éloigne, impassible, sans se douter que notre rencontre fortuite a plongé mes membres dans une panique incontrôlable, comme un arbre dont les branches s'affolent au passage d'un ouragan.
Au-dessus de l'eau, en revanche, la scène est nettement plus tranquille. Tout autour de moi se dressent d'immenses colonnes de karsts recouvertes de végétation. Ces formations issues de l'érosion du calcaire sont caractéristiques de la côte ouest du sud de la Thaïlande. La falaise à ma droite est particulièrement magique et me semble presque flotter sur l'eau. Elle se jette dans un ciel bleu céruléen strié de nuages roses et violets, tel un géant fantasmagorique qui veille sur les flots alors que j'essaie de naviguer à ses pieds. Seuls les battements d'ailes des oiseaux semblables à la stridulation des criquets et le clapotis des vagues sur notre embarcation se font entendre.
La célèbre Maya Bay était fermée au public entre 2018 et 2022 pour laisser au fond marin le temps de se rétablir des dégâts infligés par les jets d'ancres en série.
Il n'est pas encore six heures du matin et nous sommes amarrés quelque part au nord de Maya Bay, une zone protégée appartenant à la petite île inhabitée de Phi Phi Ley. Avec dix autres voyageurs, j'ai embarqué pour une croisière de sept jours organisée par Intrepid Travel à bord du Cataleya, un catamaran de 58 pieds (17,7 mètres). Nous ne sommes qu'au quatrième jour de voyage et j'ai déjà eu la chance de savourer les stalactites aux allures de glace à l'italienne des grottes de Koh Phanak, de pagayer sur les eaux cristalli...
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