VIOLENCES - « C’est l’heure d’un #MeToo scolaire je pense ». Depuis les révélations et témoignages de violences à Bétharram, établissement scolaire du Béarn fréquenté par plusieurs enfants de François Bayrou, des voix émergent pour dénoncer les violences verbales, physiques ou sexuelles de la part d’enseignants, dans le privé et dans le public.
Sur le réseau Bluesky, une utilisatrice anonyme partage son histoire. « Dans mon collège il était de notoriété publique que la proviseure frappait les élèves. En tout cas les élèves venant de familles “défavorisées”. Elle ne s’en cachait pas. Elle se baladait avec un journal roulé avec lequel elle mettait des coups, au quotidien », raconte-t-elle, citant aussi des « gifles ». Un témoignage qui en a engendré d’autres. Depuis quelques jours, notamment sur le réseau social Bluesky, des centaines d’internautes partagent ce qu’ils ont subi, allant de l’humiliation à la violence physique et/ou sexuelle.
C’est par exemple le cas d’Alexandre, photographe. Il raconte en une longue suite de posts le calvaire qu’il a vécu en CE1 et qui a marqué son parcours scolaire. « Je tombe sur un maître connu pour son alcoolisme. Il sent souvent l’alcool, il est aussi le directeur de l’école et je suis son défouloir, quasiment son unique cible. Brimades, moqueries, jets de craies, humiliation et punitions corporelles… », écrit-il.
Il décrit ensuite la « pire humiliation/violence » de la part de son enseignant, subie en pleine classe : « Il s’assoit et me couche en travers de ses genoux. Rouge de honte, je comprends qu’il va me fesser devant toute la classe (...) Il baisse mon pantalon et mon slip, la classe éclate de rire. Je suis sidéré, mais je pense toujours que ce sera uniquement de l’humiliation. Et là il frappe, très, très, très fort. »
Si elle rappelle que la majorité des violences contre les enfants ont lieu dans le milieu familial, Claire Bourdille, fondatrice du Collectif Enfantiste - un mouvement récent en France qui lutte contre ce qu’il appelle « l’adultisme », « le système d’oppression et de domination des adultes sur les jeunes personnes » - n’est « pas étonnée » par l’émergence de ces témoignages sur l’école.
Des violences qui ne se limitent pas aux établissements privés. « Là où il a des enfants, il y a de la violence, rappelle-t-elle. Les enseignants, c’est leur métier, mais cela reste des êtres humains qui vivent dans une société où la violence est encore banalisée et intégrée. Les générations précédentes ont été éduquées comme ça. C’est très difficile d’envisager d’autres manières de faire. »
Sur le réseau social, plusieurs centaines de témoignages dénoncent aussi le comportement de professeurs encourageant du harcèlement scolaire. Une utilisatrice raconte comment sa professeure principale de 5e d...
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