Au sud de l’Égypte, le Nil serpente à travers un vaste paysage désertique : l’antique région de Nubie, qui appartient désormais au Soudan. À partir de l’Antiquité, le destin de la Nubie fut marqué par la présence de six cataractes le long du Nil. À chacun de ces endroits, sous la contrainte du lit rocheux du fleuve, les eaux se mettent à tourbillonner. Elles forment de puissants rapides et empêchent toute navigation continue. Pour cette raison, durant de longues périodes à travers l’Histoire, la Nubie resta isolée de son influent voisin septentrional, l’Égypte. Mais à partir du 8e siècle avant notre ère, des pharaons nubiens d’un royaume koushite de l’actuel nord du Soudan dirigèrent l’Égypte. Pendant plus de cent ans, ils remirent à la mode et réadaptèrent des coutumes de l’Égypte ancienne, influençant par là le développement du pays pour les siècles à venir.
La première monarchie autochtone avérée en Nubie est la monarchie indépendante de Kerma, également appelée Koush, en Haute-Nubie. Elle connut son essor au second millénaire avant notre ère, période où les monarques koushites pratiquaient des rites religieux dans des édifices en brique d’argile tels que la colossale deffufa qui dominait la ville de Kerma.
En raison de la difficulté d’accéder à la Nubie par le fleuve, les interactions économiques, culturelles et même militaires avec l’Égypte voisine se faisaient via des itinéraires désertiques. À l’époque de l’Ancien Empire, les marchands égyptiens se rendaient jusqu’en Nubie pour vendre leurs marchandises et acquérir de l’or, de l’ivoire, de l’encens et des esclaves. Dans une lettre écrite autour de 2200 avant notre ère, le pharaon Pépi II dit à Hirkhouf, gouverneur de Haute-Égypte ayant voyagé jusqu’en Nubie : « Di...
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