Le festival de Sanremo en est à sa 75ᵉ édition, soit cinq de plus que l'Eurovision, ce qui devrait suffire à faire entendre raison à ceux qui n'y voient qu'une sélection nationale pour le concours paneuropéen de la chanson. Il ne fait aucun doute que pas mal d'années ont coulé, mais le Festival de la chanson italienne a bien vieilli.
Il est difficile de dire le contraire si l'on considère la popularité dont jouit aujourd'hui l'événement, la qualité du spectacle par rapport au reste de l'offre de divertissement produite en Italie et, enfin, les résultats financiers records qui entrent ponctuellement dans les caisses de "Mamma" Rai (le surnom utilisé pour la télévision publique en Italie) chaque année à la mi-février.
Le public italien, et de plus en plus le public étranger, a appris à aimer le Festival comme on aime un bon vin. Parce qu'il permet de débrancher et qu'il a un goût différent d'une année à l'autre. Bien dosé, il réjouit et encourage la communication, mais il peut aussi faire réfléchir ou susciter la nostalgie. Il convient aux soirées en compagnie, mais aussi en solitaire.
Et sa valeur est également reconnue par les abstinents ou ceux qui préfèrent ne pas boire par choix. Surtout, il se bonifie avec le temps, s'il est traité par des mains expertes, et gagne en caractère au fil des années.
Il ne fait aucun doute que l'histoire du festival de musique italien retrace une trajectoire de croissance et d'évolution continues, caractérisée par une capacité d'adaptation peut-être inégalée.
Des qualités qui ont permis au Sanremo de traverser des années d'insouciance, mais aussi des crises, aussi profondes que n...
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