Une fois par mois sous la plume d’écrivains du Québec, Le Devoir de littérature propose de revisiter à la lumière de l’actualité des œuvres du passé ancien et récent de la littérature québécoise. Découvertes ? Relectures ? Regard différent ? Au choix. Une initiative de l’Académie des lettres du Québec en collaboration avec Le Devoir.
En 1959, le poète Paul-Marie Lapointe publiait dans la revue Liberté son grand poème Arbres, qu’on relit aujourd’hui comme un manifeste écologiste avant la lettre. À l’époque, on ne pensait pas qu’au Québec, les arbres pourraient un jour être exploités à des fins commerciales au point d’être menacés, comme le dénoncera Richard Desjardins dans son film L’erreur boréale. On lisait plutôt dans le poème de Paul-Marie Lapointe une sorte d’inventaire des lieux, à la façon de la poésie dite « du pays ». On y voyait une tentative de nommer le territoire, donc de l’habiter par la magie des mots.
Mais c’est le propre d’un grand poème que de se prêter à des lectures nouvelles qui en relancent la signification. Un poème, après tout, n’est pas un écrit de circonstance, et c’est même parce qu’il transcende l’actualité qu’il peut espérer être réellement poème.
Depuis sa mort en 2011, Paul-Marie Lapointe est presque tombé dans l’oubli, comme bien des poètes de sa génération, sauf Gaston Miron, le plus célèbre d’entre eux, mais pour des raisons sans doute plus politiques que littéraires. Or, Paul-Mari...
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