Voici encore quelques années, la série japonaise Bioman était cantonnée aux bas-fonds les plus mal famés de la sous-culture. Avec ses scènes d’action frénétiques, ses effets spéciaux approximatifs et ses scripts anémiques, cette production nipponne, qui fit les beaux jours du Club Dorothée sur TF1, était, au mieux, considérée comme une série B penchant vers le Z, au pire comme un divertissement bêtifiant. Mais les exégètes de la culture pop le savent : toutes les œuvres de genre, y compris les plus exotiques, finissent tôt ou tard par être reconnues par les organes institutionnels. Jadis tout juste bons à être moqués par Les Inconnus dans un sketch très amusant (et passablement raciste), ces super-héros japonais sont aujourd’hui rentrés au musée : l’exposition « Ultime Combat »,consacrée à l’histoire des arts martiaux asiatiques et proposée jusqu’au 16 janvier au musée du Quai Branly-Jacques-Chirac, consacre une salle somptueuse aux robots géants et aux justiciers en lycra venus du Japon, où figurent en bonne place Force rouge et ses acolytes.
C’est le moment que choisit l’éditeur de mangas Kurokawa pour sortir Bioman, la bible officielle, adaptation richement illustrée de livres japonais, agrémentée de textes et d’interviews originales assurées par Grégoire Hellot et Pierre Giner. Hélas un peu éclipsé cet automne par la lourde actualité autour de Goldorak, ce livre dense et passionné revient sur les trois séries Bioman (Bioman, Bioman 2 : Maskman e...
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