Michal Kosinski, professeur de psychologie de l'université de Stanford, s'intéresse à la cognition humaine et artificielle. Il a évalué les performances de différents modèles de langage à des tâches de théorie de l'esprit. Les résultats qu’il obtient sont pour le moins surprenants.

au sommaire

    Les récents progrès dans le domaine de l'intelligence artificielleintelligence artificielle fascinent autant qu'ils terrifient. En effet, de nombreuses compétences semblent émerger des grands modèles de langage - traduction littérale de large language model ou LLM - tels que GPT4 d'Open AI pour le plus connu et consort. Serait-ce le cas de la théorie de l'esprit ? Un récent article, publié dans la revue Pnas (Proceeding of the National Academy of Science), apporte des arguments expérimentaux qui poussent a minima à considérer cette hypothèse.

    Théorie de l’esprit : kézako ? 

    La théorie de l'esprit correspond à la capacité générale des êtres humains à se détacher de leurs propres états mentaux afin de connaître les états mentaux (croyances, intentions, émotions, désirs...) d'autrui. C'est une compétence fondamentale pour une espèceespèce sociale comme la nôtre, étant donné qu'elle permet d'avoir accès à quelque chose de radicalement inobservable, à savoir, la vie mentale de quelqu'un d'autre que soi. Bien évidemment, il faut comprendre avoir accès dans le sens d'inférer, de diverses informations et de nombreux signaux, les états me...
    [Courte citation de 8% de l'article original]