Remplacer les anciennes éoliennes : un défi

Ouest France - 02/02
Les éoliennes installées il y a vingt ans doivent être changées. Des modèles récents, plus grands, produisent le double d’électricité. Mais leur hauteur peut gêner avions et hélicoptères militaires.

On appelle ça le renouvellement des éoliennes (« repowering » dans le jargon du secteur). Il s’agit de remplacer les premières éoliennes terrestres installées, au début des années 2000. À vingt ans, elles arrivent en fin de garantie. Même si certaines tournent encore comme des horloges, elles sont peu puissantes au regard des modèles récents. Or elles occupent souvent les meilleurs sites, les plus ventés, raison pour laquelle ils ont été choisis en premier.

Les éoliennes de conception récente sont plus puissantes, plus performantes, avec des pales plus longues et mieux profilées. Plus hautes, elles captent mieux des vents plus réguliers et plus puissants. Au final, elles produisent plus : une éolienne ancienne, de 120 mètres de haut (pales comprises) fait 2 mégawatts (MW) et produit 4 500 mégawattheures par an. Un modèle de 200 mètres fait 4,2 MW et produit 11 800 mégawattheures, de quoi alimenter 6 000 personnes.

Pour le syndicat européen de l’énergie éolienne, WindEurope, « le renouvellement des vieilles éoliennes, c’est une évidence. Et pourtant, la plupart des premiers champs installés continuent à tourner avec des machines peu efficaces, déplore le président de WindEurope, Giles Dickson. L’Union européenne pousse les États à simplifier les procédures et à réduire les procédures à six mois maximum. » Malheureusement, sauf en Allemagne, où le renouvellement va bon train, « de nombreux États passent à côté de cette opportunité. C’est le cas de l’Espagne à cause de la faiblesse de son réseau, et de la France, du fait de ses limitations sur la hauteur des éoliennes. »

« Le renouvellement, c’est l’éolien facile ! »

Les plus anciens parcs français ne datent que de 2001. On n’est donc qu’au début du remplacement. Mais il commence trop timidement.

« Passer à côté du renouvellement, ce serait vraiment dommage, avertit, lui aussi, en France, William Arkwright, président de la commission de l’éolien terrestre au sein du syndicat des énergies renouvelables (SER). Le remplacement des éoliennes de plus de quinze ans permettrait de doubler la production des sites concernés. Et c’est l’éolien facile, celui qui est déjà accepté par la population locale, » témoigne William Arkwright, qui est également dirigeant des énergies vertes au sein du groupe Engie, premier acteur de l’éolien en France. « Nous avons déposé 13 projets de renouvellement de parcs français et tous ont été acceptés. L es maires et les habitants des communes savent que les éoliennes, à raison de 10 000 € par an et par mégawatt installé, rapportent de quoi payer un terrain de sport ou la réfection d’une école ».

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La fin des premiers contrats

Le renouvellement pourrait être accéléré par le fait que de nombreux parcs vont arriver au bout des quinze ans du contrat initial de rachat de l’électricité par EDF. « Les particuliers, agriculteurs, acteurs locaux, qui les ont créés ne vont pas tous vouloir se charger de vendre eux-mêmes leur électricité produite ou de monter les dossiers pour changer leurs éoliennes, expliquent Louis Montagne et Yoann Larguier, de Neoen, premier producteur indépendant d’énergies renouvelables en France. Ceci favorisera le rachat des parcs par des énergéticiens tels que nous. »

Neoen va ainsi doubler la production d’un parc racheté dans l’Aube, où douze éoliennes de 100 à 120 mètres de haut, totalisant 24 MW, seront remplacées par onze nouvelles, allant de 135 à 171 mètres et totalisant 41,6 MW. La douzième n’a pas été autorisée en raison de la gêne causée à un radar m...
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