Cet article est extrait du mensuel Sciences et Avenir n°936, daté février 2025.
Paris, octobre 2024. Les visiteurs déambulant au Mondial de l'auto pouvaient se demander s'ils ne s'étaient pas trompés de salon, parvenus par mégarde dans celui de la batterie. Dans les vastes pavillons de la porte de Versailles, des stands faisaient la promotion enthousiaste de batteries lithium-ion "semi-solides", en attendant les modèles "tout-solide". Des batteries dotées d'électrodes "nickel-manganèse-cobalt", "lithium-fer-phosphate"… Une véritable ode à la classification périodique. C'est à se demander s'il ne faudra pas demain un diplôme d'ingénieur chimiste pour choisir sa voiture.
Côté ventes en revanche, ce n'est pas la même effervescence. En novembre 2024, celle de véhicules neufs pour particuliers et utilitaires entièrement électriques était en baisse de 26,5 % par rapport à novembre 2023 (Source Avere-France). "Aujourd'hui, la filière automobile a clairement le moral dans les chaussettes, confirme sans détour Nicolas Le Bigot, directeur technique et environnement de la Plateforme automobile (PFA), qui fédère les acteurs du secteur. L'arrêt des aides à l'achat des véhicules électriques en Allemagne fin 2023 a entraîné une brutale chute des ventes. En France, les aides sont divisées par deux en 2025, avec les mêmes conséquences. Sans subvention, les véhicules électriques resteront beaucoup plus chers que les thermiques. Or, la batterie, c'est 40 % du prix de la voiture… "
Avec un tel poids, la batterie est une des clés pour sauver la filière. Une technologie est régulièrement mise en avant pour y parvenir : le "tout-solide". Elle promet des batteries plus sûres, plus rapides à recharger, et dotées d'une ...
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