Voilà plus d’un an qu’ils ne s’étaient plus retrouvés dans un même bureau, face à face. Jeudi 30 janvier, Dominique Pelicot a été extrait de sa cellule et escorté jusqu’à Nanterre pour être entendu par la juge Nathalie Turquey, du Pôle Cold Case. Décrite par des enquêteurs comme “discrète”, “méthodique” et “tenace”, cette spécialiste des crimes non élucidés, a interrogé durant près de cinq heures le "violeur de Mazan”.
“Monsieur Pelicot a répondu à toutes les questions qui lui étaient posées, en coopérant, comme il l’a toujours fait”, a assuré son avocate, Maître Béatrice Zavarro, à l’issue de son audition.
Dominique Pelicot, condamné à 20 ans de prison pour avoir drogué, violé et fait violer sa femme Gisèle par des dizaines d’hommes inconnus, est au cœur d’une nouvelle enquête. Depuis la fin 2022, il est mis en examen pour le viol et le meurtre de Sophie Narme, en 1991, à Paris. Un cold case que tente de résoudre la Brigade criminelle depuis 34 ans.
Le 4 décembre 1991, Sophie Narme, 23 ans, débute dans l’immobilier. Elle rentre des États-Unis où elle était jeune fille au pair. Vêtue d’une jupe bleu marine et d’escarpins assortis, elle prend sa voiture pour se rendre au 22 rue Manin, à Paris. C’est là, dans le 19e arrondissement, qu’elle a rendez-vous avec un homme pour lui faire visiter un appartement, au 6e étage. “Sa collègue, Martine, m’avait dit qu’elle était ravie, parce qu’elle avait à ses côtés à l‘agence cette jeune femme charmante qui démarrait dans le métier, et qu’elle formait peu à peu”, raconte Joëlle, qui travaillait alors dans une agence concurrente. Ce jour-là, son amie Martine l’appelle : “Elle me dit que Sophie est partie en rendez-vous, qu’elle aurait dû être revenue et qu’elle s’inquiète un peu”. Après plusieurs appels téléphoniques ce jour-là, Joëlle reçoit un dernier coup de fil : “Je me souviens de ses mots. Martine me dit, c’est le pire’”.
Sophie Narme a été violée, étranglée et tuée. C’est ...
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