Le 17 octobre, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez annonçait lors du 40e congrès du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) sa volonté d'abolir la prostitution en Espagne. «C'est un engagement que je tiendrai, nous avancerons en abolissant la prostitution qui asservit les femmes dans notre pays», a-t-il affirmé. «Nous avons besoin d'un modèle qui s'attaque à cette terrible réalité espagnole», a renchéri Laura Berja, porte-parole parlementaire sur l'égalité pour le PSOE.
Une législation prohibitionniste serait un renversement de la loi en Espagne qui, en 1995, décriminalisait les travailleuses du sexe. Depuis cette date, la loi est progressivement devenue plus répressive, avec par exemple en 2003 la criminalisation du fait de bénéficier des revenus d'une travailleuse du sexe, même avec son consentement. Il y aurait aujourd'hui entre 300.000 et 400.000 travailleurs et travailleuses du sexe en Espagne.
L'annonce du Premier ministre n'a pas tardé à faire réagir les organisations espagnoles de défense des travailleuses du sexe. «Quand quelque chose est prohibé, les mafias émergent», dénonce ainsi Conxa Borrell, secrétaire générale d'OTRAS, le premier syndicat des travailleuses du sexe en Espagne créé en 2018. «Les tentatives d'éliminer la prostitution ne feront que rendre une industrie déjà marginalisée toujours plus clandestine, prévient-elle. Quand quelque chose est illégal, il y a toujours quelqu'un qui va essayer d'en faire de l'argent.»
Comment Pedro Sánchez espère-t-il arriver à abolir le travail sexuel en Espagne? Nulle part il n'est fait mention d'une volonté d'éradiquer la pauvreté et de régulariser les personnes migrantes, ce qui contribuerait sans aucun doute à en finir avec le travai...
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