Des romans racontant le calvaire des prisonniers politiques côtoient des textes de la théologie islamique radicale: chez les bouquinistes de Damas, la littérature clandestine qui s'échangeait sous le manteau s'affiche désormais en devanture.
Amr al-Laham, un étudiant de 25 ans, a trouvé un livre qu'il cherchait depuis longtemps: Al-Maabar (le passage), ou la guerre à Alep décrite depuis un point de passage qui reliait autrefois les quartiers Est de la métropole, tenus par des rebelles armés, aux quartiers Ouest gouvernementaux.
Flânant avec son frère dans les librairies près de l'Université de Damas, il peut acheter des ouvrages autrefois interdits.
"Je me dis que si j'avais posé une question sur un livre il y a encore soixante jours, j'aurais pu disparaître et finir en prison", résume le jeune homme.
"Avant, on avait peur d'être étiqueté par les Renseignements à cause d'un achat: soufi, salafiste, gauchiste".
La chute de Bachar al-Assad, renversé le 8 décembre par une coalition de groupes armés islamistes, a mis fin à plus d'un demi-siècle de règne sans partage du clan familial.
Toute dissidence était implacablement réprimée, les libertés publiques muselées par une myriade d'agences séc...
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