Voici vingt-et-un ans de cela, un sac à dos et un maillot de rugby de l’équipe d’Angleterre sur le dos, je suis parti pour l’Australie. Après dix-huit tristes mois à économiser mon salaire et à mettre de côté mes jours de congés payés, trois semaines sensationnelles sous le soleil du pays des kangourous m’attendaient. Ce ne sont cependant pas uniquement les multiples charmes de ces terres qui m’y ont attiré. L’Angleterre comptait parmi les favoris de la Coupe du monde de rugby que l’île accueillait en octobre, et j’avais acheté une formule vol+hôtel pour venir encourager le XV de la Rose. Aurais-je fait autant de sacrifices pour aller en Australie autrement que dans le cadre de cette compétition ? J’en doute. Aurais-je suivi l’équipe d’Angleterre ailleurs que dans cette destination des plus enchanteresses ? Certainement pas.
Cette attrayante complémentarité est à la base de ce qui, depuis, a pris de l’ampleur au point de devenir l’un des secteurs les plus fructueux et les plus influents de l’industrie mondiale du voyage. Aujourd’hui, le tourisme sportif vaut un peu moins de 600 milliards d’euros et représente 10 % du marché du tourisme selon ONU Tourisme, agence des Nations Unies basée à Madrid. Cette tendance devrait s’accélérer au cours de la prochaine décennie, certaines projections suggérant une multiplication par quatre pour le secteur d’ici 2033, pour atteindre plus de 2 billions d’euros.
Brisbane accueille de manière régulière des matchs pendant « The Ashes », une série de test-matchs de cricket opposant l’Angleterre à l’Australie qui ont historiquement lieu tous les deux ans.
Nombre de facteurs économiques et sociétaux contribuent à cet essor, qu’il s’agisse d’événements plus importants, qui ont fait l’objet d’une meilleure publicité, ou de populations de plus en plus actives et soucieuses de leur santé qui encouragent et pratiquent les activités sportives. La manifeste augmentation des recettes, de la notoriété mondiale et du nombre de visiteurs qui résulte de l’organisation d’événements très médiatisés incite de plus en plus de lieux à se lancer dans l’aventure, y compris ceux qui n’ont quasiment guère d’expérience digne de ce nom dans le domaine du sport.
« Le secteur est en constante expansion. En ce moment, c’est comme si nous surfions sur la crête d’une vague », déclare James Rowan, à la tête de Spectate, agence basée au Royaume-Uni qui est spécialisée dans les vacances sportives. Offrant la perspective de pouvoir dire « j’y étais », cette entreprise basée à Chester couvre une douzaine de sports, ainsi qu’une multitude de destinations et propose des voyages d’une durée allant d’un weekend pour une course de Formule 1 à des tournées de cricket telles que les « Ashes », qui s’étendent sur près de deux mois. « Ce que nous constatons, c’est que, soit les gens mûrissent des idées de voyage autour d’événements sportifs emblématiques, soit ils se rendent à de tels événements et y associent des vacances. »
La tendance croissante à voyager po...
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