Les tardigrades ont regardé les dinosaures mourir sans broncher. Pas de quoi perturber ces minuscules oursons d’eau (1 mm) qui ont survécu en tout à cinq extinctions de masse. Ces êtres aux huit pattes qui peuplent la planète depuis 600 millions d’années craignent en fait peu de choses. Ni les températures extrêmes (-273°C à +340°C), ni les rayons X, ni même le vide spatial. En 2007, des tardigrades ont été envoyés dans l’espace par une fusée russe pendant 12 jours.
Malgré l’absence d’oxygène et de pression, nombre d’entre eux ont pu continuer leur vie une fois revenus sur Terre. Ici-bas, ils peuvent exister aussi bien au plus profond des océans comme aux sommets des plus hautes montagnes, où ils atterrissent parfois après avoir été transportés par le vent.
Quel est le secret de cette incroyable résistance ? « Ils ont évolué en piquant des gènes à leurs voisins, y compris à des bactéries, pour s’adapter à un maximum de conditions » répond Simon Galas, professeur de génétique et de biologie moléculaire à l’Université de Montpellier et au CNRS. Dès qu’ils sont confrontés à une agression extérieure, les tardigrades ont une botte secrète. «Ils entrent dans un état appelé d’anhydrobiose. Ils se dessèchent alors sur demande, perdant près de 95 % de leur eau.
Dans cet état-là, ils résistent à toutes sortes de conditions » poursuit le chercheur. Comment l’expliquer ? « À mesure qu’ils rabougrissent, leurs cellules rétrécissent, et surtout, fabriquent un épais rempart moléculaire autour de leurs membranes. Cette petite muraille protectrice peut atteindre par endroit 100 nanomètres d’épaisseur. C’est énorme, quand on compare avec la taille de membranes normales. Cela pourrait expl...
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