En 1992, à 26 ans, Amélie Nothomb secoue la rentrée littéraire en publiant son premier roman, Hygiène de l'assassin. Vingt-neuf ans plus tard, elle décroche avec Premier sang, son trentième livre, le premier prix littéraire prestigieux de sa carrière, le Renaudot. Considérée par les Anglo-Saxons comme une autrice importante, elle pâtit en France de l'étiquette peu flatteuse de faiseuse de best-sellers. On connaît la méfiance des critiques envers les écrivains et écrivaines populaires, mais la plume Nothomb mérite-t-elle un tel traitement? Comment expliquer le snobisme qui consiste à adorer la détester?
Chapeaux démesurés, look gothique, teint blafard et lèvres rouges distillant une image japonisante, anecdotes personnelles qui ont fait les choux gras des médias durant des années: en trois décennies, Nothomb s'est façonnée un personnage d'originale. Là où la littérature charrie souvent l'image d'auteurs sérieux, discrets voire ennuyeux, Nothomb détonne. On est loin des costumes en velours côtelé un peu élimés, des personnalités effacées au ton affecté et des écri...
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