Parce qu'il est utilisé dans la médecine traditionnelle, ce petit saurien est désormais menacé

National Geographic - 22/01
Les guérisseurs andins traditionnels sacrifient des jararankos à des fins médicinales depuis des générations. Mais cette pratique menace désormais la survie de l’espèce.

Mélangé à des plantes et de l’encens, un cataplasme à base de jararanko (une espèce de saurien) est appliqué dans un premier temps sur la blessure d’un patient. Le lendemain, un onguent contenant du jararanko est appliqué sur le site jusqu’à disparition de la douleur.

PHOTOGRAPHIE DE Sara Aliaga Ticona

Par un matin ensoleillé, Victoria Flores mène son troupeau de lamas et d’alpagas à travers les zones humides enneigées des Andes boliviennes, parmi les sources naturelles cristallines qui remontent des entrailles de la Terre en bouillonnant. Soudain, un lézard olivâtre émerge de son terrier.

Long d’environ 15 centimètres, le reptile grimpe sur un rocher pour se prélasser au soleil. Distrait, il ne remarque pas Victoria, qui se penche pour l’attraper, avant de lui asséner un coup de bâton mortel sur la tête.

« Ça arrive qu’ils soient effrayés et dans ce cas, ils vous courent après et vous mordent », explique-t-elle. Victoria, qui fait partie du peuple des Aymaras, tue en toute légalité ces animaux pour les utiliser dans la médecine traditionnelle.

Liolaemus forsteri, une espèce de saurien que l’on trouve uniquement sur le Chacaltaya, dans les Andes.

PHOTOGRAPHIE DE Andres Salamanca

De retour chez elle, elle broiera la dépouille du reptile dans un moulin à meule de pierre, avant de la mélanger à des herbes sauvages comme l’arnica, jusqu’à l’obtention d’une masse pâteuse verte, un « cataplasme de lézard », qu’elle viendra appliquer sur la zone à soigner. Ce remède traiterait les douleurs musculaires. « Comme nous n’avons ni pharmacie ni médicaments ici, nous appliquons des cataplasmes à base de jararankos pour nous soigner », explique Victoria.

Mais il pourrait bientôt ne plus y avoir de lézards non plus.

Selon le Livre rouge de la faune sylvestre vertébrée de Bolivie, Liolaemus forsteri (de son nom scientifique) est considéré comme en danger par l’Union internationale pour la Conservation de la nature.

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    PHOTOGRAPHIE DE Sara Aliaga Ticona

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