Lost Highway, l’essence des 90’s selon David Lynch

Première - 17/01
Véritable monument du regretté David Lynch, retour sur ce film de 1997 à l'influence colossale.

S’il fallait choisir un film, un seul, pour résumer esthétiquement les années 90 ? Diamant noir de l’œuvre de David Lynch, ce trip sidérant avait fini par être éclipsé par Mulholland Drive, son double glamour et triomphal. Retour sur ce totem absolu des nineties, l'un des grands chefs d'œuvres de Lynch.

Un film qui résumerait à lui tout seul l’esthétique des années 90 ? Voyons voir… Il y aurait Matrix, bien sûr, cette vaste régurgitation de tous les sous-courants de la pop culture fin de siècle. Pulp Fiction, évidemment, ses gangsters qui parlaient de hamburgers et de massages de pieds et propulsèrent le cinéma dans son ère « méta ». Et puis Fight Club, sans conteste, dernier râle de la génération X, s’achevant sur l’image prophétique de l’effondrement des Twin Towers. A côté de ces trois mastodontes générationnels, tapi dans l’ombre, se cache Lost Highway – moins applaudi, certes, mais compilant génialement tous les motifs, tics et marottes du cinéma de cette décennie. Le film de David Lynch « cochait toutes les cases » (comme on ne disait pas dans les années 90). Ce choc rétinien indélébile millésimé 1997 a pourtant souffert, quelques années plus tard, de la comparaison avec Mulholland Drive (2001), qui poussait ses innovations stylistiques (récit coupé en deux, relecture monstrueuse du film noir hollywoodien…) à un degré de perfection absolue, faisant rétrospectivement apparaître son prédécesseur comme un simple brouillon du chef-d’œuvre à ve...
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