Sur son visage, un œil au beurre noir. Sur son dos, de larges ecchymoses. Ali*, la petite vingtaine, est terrorisé. Cet ex-soldat syrien affirme avoir été interpellé Il y a quelques jours à un checkpoint, non loin du village de Khirbet al-Ma'zah, près de la ville côtière Tartous, au bord de la Méditerranée. "On m'a dit : 'Tu es un porc alaouite !' On m'a traité comme un animal parce que je suis alaouite", affirme-t-il, sous couvert d'anonymat pour raisons de sécurité.
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Dans un lieu loin des regards indiscrets, Ali raconte avoir été extirpé d'un bus par des hommes du Hayat Tahrir al-Cham (HTC ou HTS : autrefois affilié à al-Qaïda) alors qu'il allait demander l'amnistie promise aux soldats de l'ancien régime n'ayant pas commis de crimes de sang ou de torture. Emmené dans un avant-poste de contrôle avec sept autres personnes, le jeune homme dit avoir été ligoté, séquestré et battu. Coups de poings, de pieds, de barre de fer… Cinq heures de calvaire avant d'être relâché sur le bord de la route.
"Je n'étais pas heureux d'être dans l'armée de Bachar mais je ne n'avais pas le choix. Nous étions pauvres et ils auraient arrêté ma famille, ajoute-t-il en précisant qu'il n'a jamais commis de violence. Je n'ose plus sortir de chez moi, en particulier après le coucher du soleil. Les gens masqués nous terrifient. Je suis sûr qu'ils puniront toute la communauté [alaouite]."Il fait ré...
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