Quand Anne Hébert enfantait l’obscur

Frédérique Bernier - Le Devoir - 11/01
Roman incandescent, «Les enfants du sabbat» incarne la formidable saisie du destin des pulsions par la littérature.

Une fois par mois, sous la plume d’écrivains du Québec, Le Devoir de littérature propose de revisiter à la lumière de l’actualité des œuvres du passé ancien et récent de la littérature québécoise. Découvertes ? Relectures ? Regard différent ? Au choix. Une initiative de l’Académie des lettres du Québec en collaboration avec Le Devoir.

Revendiquées par une mouvance écoféministe qui regagne en visibilité depuis quelques années, les sorcières sont un peu partout. On pourra le vérifier en visitant l’exposition en cours au musée de Pointe-à-Callière, qui documente la longue histoire de répression associée à cette figure issue de l’imaginaire inquisitorial — plongeant ses racines au Moyen Âge et culminant à la Renaissance, puis nourrissant outre-Atlantique les procès de Salem — ainsi que sa reconversion culturelle contemporaine. La sorcière est une figure que s’est en effet réappropriée, depuis une décennie, un nouvel essor féministe amplifié par les vagues de dénonciations #MeToo.

Elle accompagne également, ici comme ailleurs, un discours anticapitaliste et écologiste qui essaime dans la littérature et le cinéma, tout en empruntant parfois les oripeaux d’un ésotérisme clinquant bien soluble dans le néolibéralisme. Au point, d’ailleurs, que cela en exaspère un peu certaines : «&nb...
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