L’Histoire se souvient de Genghis Khan de deux manières bien distinctes : il y a d’une part le conquérant impitoyable et, d’autre part, le fondateur du plus grand empire contigu qui ait jamais existé. En 1206, Genghis Khan réussit ce que de nombreux autres conquérants n’étaient jamais parvenus à faire : rassembler l’ensemble des peuples turco-altaïques du plateau mongol sous son autorité. La soumission de ces peuples, qu’on appelait « ceux qui vivent dans des tentes en feutre », ne fut qu’un début. Le premier Grand Khan de l’Empire mongol fut un génie militaire qui, à la tête de ses armées, agrandit son territoire, sut s’adapter rapidement et combattit avec endurance.
L’empire de Genghis Khan continua à s’étendre à travers l’Asie, balayant des États préexistants. À l’est, les Mongols anéantirent les royaumes des Jürchens et des Tangoutes, qui se trouvaient à l’emplacement de la Chine actuelle, tandis qu’à l’ouest ils écrasèrent les Khitans et les Khorassaniens de Transoxiane, en Asie Centrale. Ces derniers avaient défié les Mongols en offrant le refuge à des traîtres et à des nomades ayant fui leurs forces.
En 1223, les Mongols entreprirent de conquérir les terres des gardiens de troupeaux turcs des plaines de l’extrême-Occident, au nord de la mer Caspienne et de la mer Noire. Genghis Khan transféra deux de ses meilleurs généraux, Djébé et Subötaï, de la Perse, qu’il était sur le point de conquérir, à la steppe eurasienne. Là, Djébé et Subötaï menèrent 20 000 hommes contre les derniers rescapés des bergers nomades : les Coumans-Kipchaks.
Ögedei reprit le flambeau de Grand Khan à la mort de son père en 1227. Il monta une armée de 100 000 cavaliers, une force bien plus importante que celle que son père avait mis sur pied douze années auparavant. Bien que cette armée fût dirigée par des chefs issus des quatre branches de la famille impériale, le commandement militaire échut à Subötaï, qui était alors un vieil homme.
Dès qu’il eut vent de l’imminent assaut mongol, Köten, le chef des Coumans, demanda l’aide du Rus’ de Kiev, vaste État slave d’Europe de l’Est formé au 10e siècle autour de sa capitale, Kiev. Slaves et Coumans créèrent une armée commune comptant 80 000 hommes.
Les Mongols, voyant qu’ils étaient en infériorité numérique, misèrent sur la duperie. Subötaï alla à la rencontre de l’armée slavo-coumanienne en c...
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