Le 21 avril 2002 au soir, le résultat du premier tour de l'élection présidentielle française a été annoncé. Il était largement admis, mais pas universellement, que le résultat verrait le champ de bataille réduit à deux prétendants : le président conservateur sortant, Jacques Chirac, et le Premier ministre socialiste, Lionel Jospin, avec qui Chirac partageait difficilement le pouvoir depuis cinq ans.
Un frisson de choc, de honte, d'incrédulité et, dans de nombreux endroits, de joie, a balayé le pays lorsqu'il est devenu clair que Chirac n'affronterait pas Jospin, mais Jean-Marie Le Pen, le leader du Front National d'extrême droite, xénophobe et raciste. (FN), décédé à l'âge de 96 ans. Jospin a été relégué à la troisième place et éliminé.
Peu importe que des centaines de milliers de manifestants soient descendus dans la rue dans les jours qui ont suivi et que Chirac ait finalement été réélu avec une majorité écrasante, en grande partie grâce aux votes des électeurs de gauche consternés et repentants. Le Pen, qui avait obtenu 0,74 % des suffrages lors de sa première candidature à la présidentielle en 1974, a obtenu 16,86 % au premier tour et 17,79 % au second.
Si son impact global devait se mesurer uniquement aux sièges remportés au cours de ses années à la présidence du FN aux élections locales, régionales, nationales ou européennes, il pourrait être minimisé. Son succès, jusqu’à sa démission en 2011, a consisté à amener l’extrême droite dans le courant dominant de la politique française et à entraîner le discours conservateur vers la droite.
À un moment donné de la présidentielle de 2012, il semblait y avoir une réelle ch...
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