Le classement du loup a été revu, début décembre 2024, d'espèce strictement protégée à simple espèce protégée. Une actualité qui ravive les débats émotionnels autour du grand canidé : mais la peur est-elle vraiment l’émotion qui domine lors des rencontres entre loups et humains ? Une étude menée en France montre que la surprise et l’intérêt vont souvent l’emporter sur les émotions négatives.

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    À la simple évocation de son nom dans une conversation, les regards changent et trahissent des émotions contrastées. Le loup est un animal qui ne laisse personne insensible dans les campagnes françaises. Réaliser des enquêtes sociales sur son compte, comme nous l'avons fait dans une étude récemment publiée dans la revue People and Nature, relève souvent d'une gageure.

    En témoignent les réactions contrastées auxquelles j'ai fait face pendant cette enquête de terrain. Alors qu'elle s'apprête à répondre favorablement à ma demande d'entretien depuis son jardin dans lequel elle s'affaire, cette septuagénaire de Tartas tourne immédiatement les talons pour se réfugier chez elle en claquant la porteporte :

    “« Ah non, c’est le Mal cette bête-là, ne comptez pas sur moi ! »”

    Quelques semaines plus tard, à Villegly, le visage d'une jeune femme s'illumine au contraire dans l'entrebâillement de la porte :

    “« Le loup ? Ça c’est un signe, regardez, c’est mon animal fétiche, je l’a-do-re ! » s’exclame-t-elle en relevant sa manche pour me montrer un tatouage de l’animal recouvrant tout son bras.”

    Enfin, ce n'est ni d'enthousiasme ni de peur qu'il s'agit chez ce jeune agriculteur des environs de Puy-Guillaume, mais plutôt d'une certaine forme de colère et d'impuissance face aux problèmes que peut poser ce prédateur aux éleveurs :

    “« Vous comprenez, on voit ce qui se passe dan...
    [Courte citation de 8% de l'article original]