L'Imec, la nouvelle route des Indes menacée par le conflit au Moyen-Orient

Par Tatiana SerovaPublié le 22/12/2024 à 09:00 - L'Express - 22/12
Les ambitions de ce nouveau corridor entre l’Inde et l’Europe sont freinées par les tensions au Moyen-Orient. En attendant, ses promoteurs tentent de lui faire une place dans l’agenda international.

Dans une annexe du Quai d’Orsay, un soir pluvieux de décembre, Gérard Mestrallet s’adresse à une vingtaine de dirigeants d’entreprise. Habitué à l’exercice, l’ex-PDG de Suez déroule un discours rodé, carte à l’appui. Sur cette dernière, on peut voir un tracé reliant les ports indiens de Mundra et Mumbai à celui de Marseille, et un titre, en quatre lettres : Imec. Cet acronyme anglo-saxon, pour India-Middle East-Europe Economic Corridor (Corridor économique Inde Moyen-Orient Europe), est un projet de route commerciale né il y a un peu plus d’un an en marge du sommet du G20 à New Delhi. Son objectif ? Faciliter le transport de marchandises entre les trois zones grâce à un réseau maritime et ferroviaire de plus de 4 800 kilomètres. Une version revisitée de la mythique route des Indes. Les signataires sont les Etats-Unis, la France, l’Italie, l’Allemagne, l’Union européenne, l’Inde, l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis.

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Pour donner corps à ce plan titanesque, c’est Emmanuel Macron en personne qui a mandaté Gérard Mestrallet. Et, comme aucun autre pays n’a encore désigné de représentant officiel, ce dernier se retrouve de facto l’architecte du projet. Reconverti en diplomate, l’ancien patron de 75 ans a pris la mission à bras-le-corps. Depui...
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