Cet article est extrait du mensuel Sciences et Avenir n°935, daté janvier 2025.
Ce jeudi 7 novembre 2024, Xavier Niel ouvre la deuxième édition de l'événement ai-Pulse, à la Station F à Paris, en discutant avec Moshi. On ne présente plus Xavier Niel, fondateur du groupe de télécommunications Iliad, maison mère de l'opérateur Free. C'est sa filiale en hébergement et cloud computing Scaleway qui organise ce cycle de conférences et d'ateliers consacré à l'intelligence artificielle (IA). Moshi est moins connue : c'est une IA vocale apparue en juillet dernier et développée par le laboratoire de recherche Kyutai. Et ce matin, Moshi a un petit problème.
"Désolé, je ne vous comprends pas, je ne parle qu'anglais ", lance l'interface visible sur écran géant à Xavier Niel… qui vient pourtant de s'exprimer dans cette langue ! Rires dans la salle. "OK. Je vais te laisser avec des gens qui maîtrisent l'anglais mieux que moi alors ", répond le fondateur d'Iliad. "Oui, ce sera plus agréable pour nos oreilles ", conclut Moshi, sans pitié. Pour amusante qu'elle soit, cette démonstration est parfaitement dans l'air du temps.
Depuis plus de deux ans et l'arrivée de ChatGPT d'OpenAI à l'automne 2022, l'intelligence artificielle générative, et particulièrement les modèles de langage, incarne l'IA. Dans les discours, dans les médias, dans les annonces. "Pour le grand public, s'est ancrée l'idée qu'il y a un avant et un après ChatGPT, reconnaît Joseph Salmon, spécialiste d'apprentissage automatique à l'Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique (Inria), à Mo...
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