La dévastation causée par le cyclone Chido, qui a détruit des cabanes en tôle ondulée et fait des milliers de vies sur l'île de Mayotte, était à la fois immédiate et à venir.
Les habitants de Mayotte, l'un des 12 petits territoires d'outre-mer restant de l'un des grands empires mondiaux, se plaignent depuis des décennies de la négligence des bureaucrates français.
Des dégâts sont constatés dans le bidonville de Kaweni, à la périphérie de Mamoudzou, sur l'île française de Mayotte, dans l'océan Indien, le 19 décembre 2024, à la suite du cyclone Chido. (Photo AP/Adrienne Surprenant)
Les autorités ont confirmé 35 décès suite au passage du cyclone Chido dimanche, mais craignent que des centaines, voire des milliers de morts.
Les cabanes en tôle ondulée n'avaient aucune chance dans le bidonville de Kaweni, à la périphérie de la capitale, Mamoudzou, où les habitants font encore le bilan de leur vie brisée.
Des gens font la queue pour collecter de l'eau le mercredi 18 décembre 2024 sur l'île de Mayotte, dans l'océan Indien français. (Photo AP/Adrienne Surprenant)
Mayotte, l'endroit le plus pauvre de l'Union européenne, a du mal à prendre en charge les migrants des îles indépendantes voisines des Comores. Ils se sont installés à Mayotte – la seule partie des Comores qui a voté pour rester partie de la France lors d'un référendum de 1974 – et l'année dernière, le gouvernement a mobilisé 2 000 soldats et policiers pour procéder à des expulsions massives, détruire les bidonvilles et éradiquer les gangs.
Des femmes se reposent sur une passerelle au-dessus d'un ruisseau rempli de débris dans le bidonville de Kaweni, sur l'île française de Mayotte, dans l'océan Indien, le jeudi 19 décembre 2024, après le cyclone Chido. (Photo AP/Adrienne Surprenant)
Cette semaine, les survivants ont fait la queue pour aller chercher de l'eau. Autrefois l’une des rares richesses de l’île – avec des rivières et des sources nichées entre montagnes et forêts – l’eau est devenue rare à mesure que la mauvaise gestion et le changement climatique ont fait des ravages.
Mayotte a connu son année la plus sèche depuis 1997, selon la météo nationale. Même avant Chico, la plomberie intérieure ne fonctionnait qu’à partir de 16 heures. à 10 heures du matin une fois tous les trois jours sur un territoire insulaire d'environ 350 000 habitants.
Des débris jonchent un ruisseau dans le bidonville de Kaweni, sur l'île française de Mayotte, dans l'océan Indien, le jeudi 19 décembre 2024, après le cyclone Chido. (AP Photo/Adrienne Surprenant))
Des femmes se reposaient jeudi sur une passerelle au-dessus d'un ruisseau rempli de débris dans le bidonville de Kaweni après que les familles se soient précipitées pour préparer à manger, faire la vaisselle, nettoyer leur maison et tout ce qui implique de l'eau.
Ceux qui vivent dans des quartiers sans plomberie faisaient la queue devant les robinets publics avec des seaux, des jerrycans en plastique, des bouteilles réutilisées – n’importe quoi pour collecter de l’eau. Puis pendant 48 heures, ils étaient à nouveau secs.
Des voitures sont arrêtées dans un embouteillage à Mamoudzou, Mayotte, le mardi 19 décembre 2024. (AP Photo/Adrienne Surprenant)
Un enfant dort au Lycée des Lumières où il a trouvé refuge, jeudi 19 décembre 2024 à Mamoudzou, Mayotte, (AP Photo/Adrienne Surprenant)
Des femmes lavent du linge dans un ruisseau du bidonville de Kaweni, à la périphérie de Mamoudzou, sur l'île de Mayotte, dans l'océan Indien français, le jeudi 19 décembre 2024, après le cyclone Chido. (Photo AP/Adrienne Surprenant)