Extraordinaire : plonger sous une pyramide

National Geographic - 20/12
Moins connues que celles d'Égypte, les pyramides du Soudan renferment pourtant des sites funéraires royaux que les archéologues peuvent encore atteindre et explorer… 

Chaque pas dans le passage rocheux me rapprochait de ce que j’avais longtemps imaginé : le bassin d’eau kaki, le tunnel inondé qu’elle cachait, et le moment où je devrais pénétrer dans cette obscurité. Au-dessus de moi, la splendeur croulante d’une pyramide.

Ici, dans la nécropole antique de Nouri, dans le désert du nord du Soudan, les rois koushites reposaient depuis des millénaires dans une série de chambres funéraires souterraines, sous d’imposantes pyramides. Les chambres étaient inondées par les eaux souterraines provenant du Nil, non loin de là. L’archéologue Pearce Paul Creasman, financé en partie par une subvention de la National Geographic Society, dirigeait une équipe qui serait la première à tenter de faire de l’archéologie sous-marine sous une pyramide. Au départ, j’étais calme, j’avais même hâte d’aller photographier cette mission ambitieuse et risquée, en 2020. Mais alors que je m’enfonçais sous terre, mon cœur s’emballait et je pouvais à peine respirer.

Le Soleil perce l'horizon dans cette vue du cimetière royal de Nouri. Sa caractéristique la plus marquante est un arc de près de vingt pyramides qui semblent reliées les unes aux autres comme des pierres précieuses sur un collier.

PHOTOGRAPHIE DE Nichole Sobecki

Ce n’était pas la première fois que je connaissais une angoisse existentielle. Il y a neuf ans, accroupie dans un tuyau de drainage en Libye, alors que des mitrailleuses à bande visaient le sol au-dessus de ma tête. Il y a sept ans, attaquée par des terroristes d’Al Shabaab dans un centre commercial de Nairobi alors que de la musique pop jouait en fond. Il y a quatre ans, sur une plage anarchique en Somalie. Ici, aucun ennemi extérieur ne m’attaquait, mais...
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