«Un procès pour l'histoire»: l'affaire Pelicot vue par les journalistes de l'AFP

Martinique France Antilles - 18/12
«A la fois banal et hors du commun», le procès des violeurs de Gisèle Pelicot a mobilisé plusieurs mois durant les journalistes du bureau de Marseille de l'AFP, les interrogeant autant sur leur travail de rendre compte de l'horreur que sur les rapports entre les femmes et les hommes.

Depuis le 2 septembre, cette affaire à l'exceptionnel retentissement en France et à l'étranger, a fait émerger la figure de Gisèle Pelicot et engendré un débat crucial sur le crime répandu du viol.

"Gisèle Pelicot arrive et on sait qu'elle découvre, comme nous, ces visages pour la première fois, ceux de tous les hommes qui l'ont violée", se souvient Viken Kantarci, journaliste de l’AFPTV, qui a couvert le procès avec son collègue vidéaste Fabien Novial.

"On a vite été mis dans l'ambiance de ce qu'allait être ce procès : quelque chose d'à la fois assez banal, dans le profil des personnes en face de nous, et en même temps hors du commun par leur nombre et l'étendue des faits".

Parmi les cinquante-et-un hommes jugés, la plupart pour viols aggravés sur Gisèle Pelicot, figure son ex-mari, Dominique Pelicot, qui l'a droguée pendant une décennie pour la violer et la livrer à des dizaines d'hommes recrutés sur internet. Âgés de 27 à 74 ans, les accusés viennent de tous les milieux: chômeur, routier, journaliste, pompier, ingénieur, électricien... 

Alors qu’on s’attendait à un huis clos, finalement, dès le premier jour, Gisèle Pelicot le refuse et demande un procès public pour "changer le regard sur le viol".

D'anonyme à icône

Par cette décision, elle "a permis que ce procès puisse exister et, espérons-le, laisse des traces dans l'histoire", estime David Courbet, journaliste AFP au bureau de Marseille et l'un d...
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