Asharq Al-Awsat, Londres, 4 décembre
Dans une révélation discrète, un banquier libanais, qui partage une amitié de longue date avec l’envoyé américain Amos Hochstein, qui remonte à l’époque où il travaillait dans une banque de New York dans les années 1990, a révélé des informations tirées de la récente visite de Hochstein au Liban. Le banquier note un air d'optimisme quant à la potentielle finalisation d'un accord de cessez-le-feu.
Lors d'une réunion avec le président du Parlement libanais, Nabih Berri, Berri a informé sans hésitation Hochstein que le Hezbollah avait accepté un plan de retrait au-delà du fleuve Litani. Il s’agit d’un revirement remarquable, compte tenu du rejet catégorique qu’elle avait suscité auparavant. À l’époque, Berri avait réitéré l’affirmation du leader Hassan Nasrallah selon laquelle le déplacement du fleuve jusqu’à la frontière semblait plus réalisable que le retrait du Hezbollah.
Hochstein a confié à son contact libanais que si cette proposition avait été acceptée un an plus tôt, une grande partie de la dévastation et des pertes humaines actuelles auraient pu être évitées. Lors de leur dernière rencontre, Berri a assuré à Hochstein que le Hezbollah était prêt à dissocier le conflit au Liban de celui à Gaza et qu’il adhérerait à un cessez-le-feu, à condition qu’Israël se retire au-delà de la Ligne bleue et cesse de bombarder les zones urbaines.
Hochstein a répondu, soulignant sa visite imminente en Israël et soulignant le mandat solide qu’il détenait de la part de l’administration américaine, actuelle et future, pour faire pression sur le Premier ministre Benjamin Netanyahu et faire respecter un cessez-le-feu.
Le départ des deux hommes a été chaleureux, contrastant fortement avec leur précédente rencontre, qui s'était terminée sans la moindre poignée de main. À Tel Aviv, Netanyahu a lancé à Hochstein un ton sarcastique, déclarant devant les médias : « Désolé d’interrompre votre agréable séjour à Beyrouth ».
L'ENVOYÉ SPÉCIAL Amos Hochstein (à droite) quitte le palais du gouvernement à Beyrouth, accompagné du responsable libanais du protocole, Lahoud Lahoud. (crédit : JOSEPH EID/AFP via Getty Images)Imperturbable, l’envoyé américain a participé à ce qui est devenu une réunion tendue. Les Israéliens ont été confrontés à un message brutal : les États-Unis n’opposeraient pas leur veto à toute résolution du Conseil de sécurité de l’ONU condamnant Israël si ce dernier ne parvenait pas à cesser les hostilités. Le président Joe Biden et le président élu Donald Trump auraient convenu de cette position lors de leur rencontre à la Maison Blanche.
Frustré, Netanyahu a claqué la main sur la table, protestant que ce changement était une profonde trahison et une erreur stratégique qui pourrait permettre au Hezbollah de reprendre des forces et de perpétuer l’influence iranienne. En quittant la réunion visiblement mécontent, Hochstein a déclaré aux journalistes : « Il y a des progrès dans les négociations de cessez-le-feu. ...
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