Le Canada a promis à Trump une répression à la frontière. Plus facile à dire qu'à faire.

Anna Mehler Paperny - Reuters - 16/12
Les responsables de l'application de la loi au Canada reconnaissent qu'ils sont limités dans ce qu'ils peuvent faire pour arrêter les migrants en direction du sud.
  • Le Canada a du mal à contrôler les passages de migrants à destination des États-Unis
  • Les experts doutent que les nouvelles technologies frontalières empêchent les passages. Les défenseurs préviennent que les restrictions pourraient exposer les migrants à un plus grand risque
  • Le Canada est confronté à un « défi de crédibilité » en matière de migration, selon le ministre de l'Immigration
SAINT-GEORGES-DE-CLARENCEVILLE, 16 décembre (Reuters) - Six blocs de béton de type Lego marquent la fin d'une route rurale à la frontière canado-américaine. Le véhicule de police, prenant de la vitesse dans la poudrerie, s'arrête brusquement.
Les barrières, installées en août dernier dans le cadre d'une coentreprise avec l'administration du président Joe Biden, empêchent les véhicules transportant des migrants de traverser la frontière vers les États-Unis.
Mais ils n’empêchent pas les migrants de traverser à pied.
«Les gens peuvent toujours sauter par-dessus», a déclaré le sergent Daniel Dubois de la Gendarmerie royale du Canada (GRC).
La police canadienne affirme avoir installé davantage de caméras et de capteurs sur cette section de la frontière au cours des quatre dernières années. Ottawa a promis ce mois-ci de déployer davantage d'agents et de technologies pour cibler les frontaliers en direction sud après que le président américain élu Donald Trump a menacé le Canada et le Mexique de droits de douane drastiques de 25 % s'ils ne réduisaient pas le mouvement des migrants et des drogues vers les États-Unis.
Mais les responsables de l'application de la loi au Canada reconnaissent qu'ils sont limités dans ce qu'ils peuvent faire pour arrêter les migrants se dirigeant vers le sud.
"Même si nous étions partout, nous ne pourrions pas l'arrêter", a déclaré Charles Poirier, porte-parole de la GRC à Québec.
Les autorités canadiennes ont refoulé environ 1 000 personnes tentant de passer au Canada entre des passages officiels au cours des 12 mois se terminant en octobre, selon les données obtenues par Reuters, contre plus de 23 000 appréhendées du côté américain par les douanes et la patrouille frontalière des États-Unis. Les arrestations de migrants à destination des États-Unis ont doublé par rapport à l'année précédente, mais ne représentent toujours qu'une infime fraction des 1,5 million d'arrestations au cours de la même période près de la frontière entre les États-Unis et le Mexique, qui connaît globalement une migration irrégulière plus élevée.
À la frontière canado-américaine, les mouvements récents se sont dirigés vers le sud. Cela pourrait changer.
Un graphique linéaire montrant le nombre de migrants interceptés par le CBP américain près de la frontière canado-américaine.
Un graphique linéaire montre le nombre de personnes interceptées par la police canadienne entre les points d'entrée et refoulées vers les États-Unis, de mars 2023 à novembre 2024.
Les politiciens canadiens admettent que la démonstration de force à la frontière vise en partie à créer une impression de sécurité...
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