Jamais, en deux mille ans de chrétienté, un pape n’avait encore foulé le sol de la Corse. Ce sera chose faite ce week-end : le pape François se rend sur l’île, ce dimanche 15 décembre 2024, pour sa troisième visite en France depuis son arrivée au Saint-Siège, en 2013.
Le souverain pontife atterrira à 9 h à l’aéroport d’Ajaccio, et repartira peu après 18 h. Au menu : deux discours et une messe dans l’après-midi, au théâtre de verdure du Casone, avant un échange avec Emmanuel Macron pour la quatrième fois depuis le début de son mandat.
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Une visite « pastorale » - et non d’État - qui suscite un vif enthousiasme sur l’île, mais aussi des préoccupations sécuritaires. 2 000 policiers, gendarmes et militaires seront déployés, épaulés par un impressionnant dispositif aérien : avions Rafale, hélicoptères Fennec et zone aérienne interdite de 15 km autour d’Ajaccio. On fait le point sur cette venue historique du pape en quatre questions.
C’était le grand absent des célébrations de la réouverture de Notre-Dame de Paris, le week-end dernier. Des dizaines de chefs d’État du monde entier, des artistes reconnus… Mais pas de pape François. Le souverain pontife avait tout simplement décliné l’invitation. Forcément, son choix de bouder l’une des plus célèbres cathédrales du monde, symbole de la France à l’étranger, avait de quoi interroger.
Mais pour Jean-Baptiste Noé, rédacteur en chef de la revue géopolitique Conflits et auteur de François le diplomate, la diplomatie de la miséricorde (Salvator, 2019), l’absence du pape à Paris est un « faux problème ». François Ier était retenu à Rome pour deux impératifs : un consistoire pour la nomination de 21 nouveaux cardinaux, le 7 décembre, « dont la date était connue depuis 21 mois », et les traditionnelles célébrations de l’Immaculée conception le lendemain.
Au-delà des contraintes de calendrier, le choix de privilégier la Corse plutôt que Notre-Dame s’inscrit en cohérence avec la culture d’un pape soucieux, depuis son intronisation au Saint-Siège, de consacrer son attention aux « périphéries ». « Depuis son arrivée, il reproche aux cardinaux, aux évêques et à la curie de céder aux mondanités, et les invite à sortir de leurs clochers », abonde Bernard Lecomte, journaliste et auteur de France-Vatican : deux siècles de guerre secrète (Perrin, 2024).
Symboliquement, les deux premières visites de son pontificat avaient été sur l’île italienne de Lampedusa, ...
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