Une fois par mois sous la plume d’écrivains du Québec, Le Devoir de littérature propose de revisiter à la lumière de l’actualité des œuvres du passé ancien et récent de la littérature québécoise. Découvertes ? Relectures ? Regard différent ? Au choix. Une initiative de l’Académie des lettres du Québec en collaboration avec Le Devoir.
Au-delà de l’écologie, loin des soubresauts de l’Histoire, à des lieues de la vogue néorurale, il y a ceci : entendre raconter la planète Terre par Gabrielle Roy.
Comment ?
Lisez un peu.
Une corneille, qui s’appelle Jeannot, se balance au vent, bien installée à la pointe d’un cerisier, tandis qu’un cheval, nommé Prince, de solitude se lie d’amitié avec des vaches. Nous sommes à la campagne, il va sans dire, et au fil de ses promenades et de ses journées à l’extérieur, l’écrivaine, qu’elle soit seule ou accompagnée de sa fidèle amie Berthe Simard, pose de longs regards sur les arbres et sur les animaux qui peuplent — le mot n’est pas métaphorique — le petit coin de pays où s’écoule cet été qui chante.
Un cerisier, une corneille, une femme : peu de choses les séparent, si ce n’est que seule la femme a la capacité d’écrire que « nous avons passé bien des heures à voyager ensemble sur la même vague du temps ».
Cet été qui chantait est composé de dix-neuf récits de longueur variable (le plus court fait une pleine page, le plus long, une vingtaine) qui donnent voix a...
[Courte citation de 8% de l'article original]