Si la quête de la fontaine de jouvence passionne l'humanité depuis des siècles, ce n'est qu'au cours des vingt dernières années que les scientifiques ont fini par s'en rapprocher… ou du moins pour le monde des levures, des mouches et des souris de laboratoire.
L'élixir qui intéresse tant les chercheurs et les assoiffés de longévité n'est autre que la rapamycine, dont les potentielles vertus n'en finissent plus de séduire les partisans de la lutte anti-âge, au premier desquels Peter Attia, physicien et célèbre podcasteur qui a consacré un chapitre à ce médicament dans son best-seller, Outlive. Pourtant, la capacité de la substance à prolonger, chez l'Homme, les années passées en bonne santé, reste encore à démontrer.
Les années de recherches menées chez la souris nous montrent que la rapamycine « est le médicament le plus efficace et le plus reproductible » lorsqu'il s'agit de prolonger la durée de vie et de ralentir le vieillissement, témoigne Matt Kaeberlein, chercheur de longue date sur la rapamycine au sein de l'université d'État de Washington à Seattle et fondateur d'Optispan, une entreprise de technologie dédiée à la longévité. « Chez les souris qui ont déjà subi un déclin fonctionnel, un traitement par la rapamycine permet de restaurer ces fonctions. »
Certains se sont emparés de ces résultats pour prendre de petites doses du médicament dès à présent, malgré les nombreuses inconnues qui subsistent quant à son efficacité et son innocuité. S'ils ont pu le faire, c'est parce que la substance est déjà approuvée par diverses agences de santé publique, notamment la Food and Drug Administration aux États-Unis et l'Agence européenne du médicament, pour inhiber le système immunitaire des personnes qui reçoivent une greffe d'organe. Dès qu'un médicament reçoit l'autorisation de mise sur le marché, les médecins peuvent le prescrire, même pour une utilisation hors indication.
« Il est toutefois préférable d'attendre les données scientifiques », recommande Dudley...
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