Dans leur essai Mille plateaux publié en 1980, les philosophes français Gilles Deleuze et Félix Guattari montrent, de façon didactique, comment un langage apparemment creux peut, s'il s'insère dans des agencements complexes où les signes font sens, transformer les êtres.
L'appareillage conceptuel qu'ils élaborent offre ainsi une clé de compréhension de la manière dont la normalisation managériale se diffuse. Leurs «mots d'ordre» forment le fil théorique qui permet d'échapper au labyrinthe qu'arpentent quotidiennement consommateurs fidèles et managers disciplinés, dédale hanté d'injonctions contradictoires, de simulacres, d'incitations hors d'atteinte et de discours soumis à un savant cryptage technique.
Sans autre objet qu'eux-mêmes et leur propre performativité, ils constituent l'instrument redoutablement efficace de la managérialisation de la société. L'ordre est contenu dans la règle (la mise en forme), et non dans le discours (l'information).
Les deux philosophes illustrent leur raisonnement avec les communiqués de la police, dont la vraisemblance importe peu et où seul compte ce qui doit être retenu. À ce stade, un autre exemple tout aussi parlant semble pouvoir être mobilisé: la police des communiqués, qui fait l'objet de nos dernières recherches.
La typographie peut être identifiée comme la voix du texte, la manière dont il est entendu quand il est lu. L'histoire de la création,...
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